Retour vers les pages "Les allergies"

Qu'est-ce qu'une allergie ?

L'allergie est une réaction immunologique anormale de l'organisme vis à vis d'une substance étrangère. Cette réaction au lieu d'être protectrice (et de combattre par exemple une infection), provoque des symptômes parfois sévères. Cette hypersensibilité du sujet allergique se traduit par la formation d'anticorps particuliers, les immunoglobuline E, ou IgE. Contrairement aux anticorps de défense dont le rôle protecteur consiste à attaquer et détruire les germes microbiens nocifs, ces anticorps IgE sont dirigés contre des composants de l'environnement, non nocifs le plus souvent pour les personnes non allergiques, tels que poussières, pollens, le poil des animaux, certains aliments ou boissons (les allergènes).

On utilise également le terme d'atopie pour définir la tendance génétiquement déterminée d'un individu à fabriquer en excès des anticorps IgE après l'inhalation ou l'ingestion d'allergènes.

Les anticorps ainsi formés circulent dans le sang où il est possible de les rechercher et les doser, puis ils se fixent à la surface de certaines cellules sanguines, les polynucléaires basophiles et (surtout) les mastocytes, qui sont réparties dans tout l'organisme et, notamment, dans les parois des voies respiratoires. Les mastocytes contiennent de multiples granulations remplies de substances très actives, les agents responsables (ou médiateurs) des réactions allergiques, parmi lesquels on trouve l'histamine.

Lorsque l'allergène qui a provoqué la formation excessive des IgE se présente à nouveau dans les voies respiratoires (ou dans les voies digestives, ou sur la peau), il reconnaît les anticorps demeurés sur les mastocytes et se fixe dessus. Cette réaction entre allergène et IgE déclenche l'expulsion des granulations des basophiles et la libération des médiateurs qu'elles contiennent. Plusieurs de ces substances sont capables d'augmenter la perméabilité des petits vaisseaux (entraînant congestion nasale, secrétions de mucus bronchique, gonflement de la peau en cas d'urticaire…), de stimuler les nerfs sensitifs (entraînant éternuement, démangeaisons nasales, toux, démangeaisons de la peau) de faire contracter les muscles bronchiques comme dans l'asthme, entraînant gêne et sifflements respiratoires.

Ces maladies peuvent se traduire par des symptômes en apparence banaux, et souvent considérés comme anodins, tels que rhinite, conjonctivite, toux, gêne respiratoire, prurit, trouble digestif. A l'inverse, l'asthme ou l'allergie alimentaire peut revêtir des tableaux gravissimes : à titre d'exemple on peut citer le choc anaphylactique par piqûre d'abeille, ou par ingestion de lait, d'œuf ou de cacahuète.

On a coutume d'opposer la situation du jeune enfant et de l'adulte. Chez le premier les symptômes d'allergie sont généralement simples à reconnaître, tandis que chez le second l'allergie respiratoire ou digestive est intriquée à des phénomènes infectieux ou à des lésions irritatives non spécifiques, qui ont pour effet de rendre le diagnostic plus difficile. Par ailleurs, le développement de l'allergie obéit à une certaine chronologie : l'eczéma atopique et l'allergie digestive sont les premières manifestations allergiques, suivies par les allergies respiratoires aux acariens, aux moisissures, aux poils d'animaux puis, secondairement aux pollens. L'intensité des symptômes est maximale chez le grand enfant, l'adolescent et l'adulte jeune, puis elle a tendance à décliner chez l'adulte vieillissant.

Le diagnostic

Le diagnostic de l'allergie ne pose guère de problème. Les tests cutanés d'allergie sont l'étalon-or du diagnostic de l'allergie. L'idée reçue selon laquelle avant 6 ans, les tests d'allergie ne sont pas fiables doit être énergiquement combattue. Faciles à réaliser par la méthode des pricks, simples et indolores, ils peuvent être réalisés dès les premiers mois de vie pour autant que la peau soit réactive aux témoins positifs. Le test est positif lorsque l'induration (le bouton) qui apparaît au bout de 10 à 15 minutes a un diamètre au moins égal à la moitié de celui du témoin positif. Les examens biologiques sont réservés aux situations où les tests cutanés ne sont pas possibles (eczéma étendu) ou difficilement interprétables (peau non réactive, prise de médicaments contre l'allergie).

 

Les manifestations les plus fréquentes des allergies

La rhinite allergique

La rhinite allergique se manifeste par des éternuements en salve, un écoulement nasal clair, des démangeaisons nasales ou des conduits auditifs et parfois une obstruction nasale. La diminution ou la disparition de l'odorat sont inconstantes et les enfants ne s'en plaignent que rarement.

Les symptômes apparaissent à certaines périodes de l'année en fonction des saisons et de la région et sont étroitement liés à la quantité d'allergènes présents dans l'environnement. Une rhinite peut être saisonnière ou périodique, comme la rhinite pollinique (ou "rhume des foins"). Les rhinites per-annuelles sont dues aux pneumallergènes permanents de l'environnement domestiques : acariens, poils d'animaux, moisissures, blattes…

En cas de rhinite allergique aux pollens, aux acariens et aux poils d'animaux, les enfants ont souvent une conjonctivite allergique associée.

A long terme, la rhinite allergique ne disparaît que dans 10% des cas.

L'asthme survient ultérieurement chez 20% des patients, plus souvent chez ceux qui ont une rhinite per-annuelle que chez ceux qui ont une rhinite pollinique.

 

Le rhume des foins
Les enfants ne souffrant que d'un rhume des foins bénin parviennent en général à contrôler leurs symptômes en prenant des antihistaminiques (Clarityne, Zyrtec, Primalan, Polaramine…) et/ou des anti-inflammatoires nasaux (Allergodil, Béconase, Flixonase, Nasacort, Nasalide, Nasonex…) pendant la saison pollinique (de mai à août). Si ces médicaments ne permettent pas de contrôler les symptômes correctement, une désensibilisation peut être envisagée.
Les traitements des rhinites

Lorsqu'elle est possible, l'éviction allergénique est la première mesure à prendre contre les maladies allergiques. Dans certains cas, comme dans l'allergie aux poils d'animaux, l'allergène en cause peut être totalement éliminé de l'environnement de l'enfant et la rhinite est "guérie". Mais dans la plupart des cas, l'allergène en cause ne peut être totalement éliminé (acariens, pollens, moisissures…). Toutefois, diminuer l'exposition au risque allergique est toujours très utile dans le traitement de la rhinite allergique.

L'asthme

(voir : L'asthme)

L'eczéma atopique

L'eczéma atopique, également appelé dermatite atopique, est très fréquent puisqu'il peut atteindre 5% de la population, voire 10% selon certaines études. L'eczéma est un désordre chronique qui rend la peau irritable. Il entraîne à des degrés divers : rougeurs, vésicules, suintements, croûtes, œdèmes. Le grattage chronique rend la peau épaisse, grisâtre, striée. Les lésions sont situées le plus souvent à l'intérieur des coudes, derrière les genoux, sur la face et par la suite sur le dos des mains. Elles peuvent cependant recouvrir le corps en entier. En période de crise, des plaies purulentes peuvent apparaître en raison du grattage et d'infections.

Le début se situe le plus souvent avant 6 mois. L'évolution à long terme est variable : Guérison pour la majorité des enfants après l'âge de 2 à 3 ans, surtout lorsque la dermatite atopique a été peu sévère.

Les causes des poussées d'eczéma font l'objet d'une controverse. Les allergies alimentaires semblent jouer un rôle dans certaines dermatites atopiques sévères alors que leur rôle est tout à fait négligeable dans les formes mineures ou modérées.

Les substances ou les situations qui sont connues pour provoquer des poussées de dermatite atopique sont entre autres :

des substances irritantes (certains savons, adoucissants, détergeant…) ;
des allergènes (c'est à dire certains aliments, les acariens, les poils
d'animaux, les pollens…)
des infections de la peau ;
la peau sèche ;
la chaleur et l'humidité ;
la sueur, et
le stress.

Le traitement de l'eczéma

Le facteur-clé pour contrôler l'eczéma atopique est d'éviter ou de réduire les causes des poussées.

Il est essentiel de lutter contre la sécheresse de la peau en utilisant des crèmes qui retiennent l'eau dans la peau. Ces crèmes sont utilisées après la toilette.

Lors des poussées, les dermo-corticoïdes appliqués une à deux fois par jour peuvent réduire l'inflammation et les démangeaisons.

Des antihistaminiques peuvent également soulager les démangeaisons.

Les antibiotiques sont parfois prescrits pour contrôler les surinfections de la peau.

 

Le choc anaphylactique

Le choc anaphylactique est une réaction allergique brutale et très dangereuse. C'est une urgence médicale absolue. Il faut donc apprendre à le reconnaître dès son amorce pour le traiter avant qu'il ne mette l'enfant en danger.

Le choc anaphylactique résulte de l'activation des Immunoglobuline E présentes sur les basophiles et les mastocytes entraînant une libération explosive des médiateurs. La conséquence de cette libération est une insuffisance circulatoire aiguë ou suraiguë, éventuellement associée à des signes respiratoires, cutanés et digestifs.

La rapidité d'évolution et la gravité d'un choc varient très largement d'un enfant à l'autre. Les indices d'un début de choc doivent être détectés rapidement car l'évolution peut être foudroyante.

Le choc lui même est caractérisé par un malaise intense : l'enfant est très pâle, il a des sueurs froides. La conscience est habituellement conservée mais un arrêt circulatoire peut suivre rapidement.

Le choc est parfois précédé de signes dont la valeur d'alarme sont d'une grande importance :

démangeaisons diffuses, urticaire généralisée, oedème de Quincke
(il s'agit d'un oedème de la glotte qui entraîne une asphyxie)
rhinite aqueuse, larmoiement, picotements de la gorge
toux, essoufflement, sifflements respiratoires
nausées, vomissements, diarrhée

Ces réactions interviennent quelques minutes après l'exposition à l'allergène en cause. Les substances qui sont le plus fréquemment à l'origine d'anaphylaxie chez des enfants allergiques sont :

les aliments tels que l'arachide (cacahuètes), noix, lait, œuf , 
poisson et crustacés ;
les médicaments comme les pénicillines, l'aspirine ;
le venin des piqûres d'insectes tels que les abeilles et les guêpes

Traitement du choc anaphylactique

Si l'enfant est inconscient il faut l'allonger sur le dos, placer la tête en position basse (pour que le sang continue d'irriguer le cerveau ) tournée sur le côté, le cou en extension.

Le seul médicament efficace est l'adrénaline. Il existe des seringues prêtes à l'emploi, contenant 1 mg d'adrénaline (Anapen). Trois ailettes sont présentes sur le piston de la seringue. L'injection de la première dose (0,25 mg) se fait sans casser d'ailette. Il faut injecter la première dose le plus rapidement possible. Ensuite chaque ailette cassée permet d'injecter 0,25 mg de plus (15 à 20 minutes après la précédente injection si les symptômes ne se sont pas améliorés avant l'arrivée des secours d'urgence). L'injection est réalisée dans la face intérieure de la cuisse ou du bras, l'aiguille dirigée à 45°.

Les bronchodilatateurs (Ventoline, Bricanyl…) sont nécessaires en cas de bronchospasme résistant à l'adrénaline.

Un arrêt respiratoire peut exiger un bouche à bouche en attendant l'arrivée du SAMU.

Un arrêt circulatoire peut exiger un massage cardiaque en attendant l'arrivée du SAMU.

L'efficacité de la cortisone (Celestene, Cortancyl, Solupred) au cours du choc anaphylactique est douteuse.

Dans tous les cas, le SAMU 15 (ou 112 sur un portable) doit être appelé le plus rapidement possible.

 

Les allergies alimentaires

En théorie, tout aliment peut entraîner des réactions allergiques. En pratique, certains sont nettement plus allergisant que d'autres. Toutefois la diversification précoce de l'alimentation et la complexité de certaines préparations alimentaires infantiles ont largement contribués à étendre  l'éventail des aliments allergéniques qui était jusqu'à peu limité au lait, à l'œuf, au poisson et au soja.

Le lait de vache

Le lait de vache est l'aliment essentiel du nourrisson et c'est aussi l'allergène alimentaire majeur du nourrisson. Il existe au moins 20 protéines dans le lait de vache mais 5 sont plus particulièrement allergisantes : l'albumine, les gammaglobulines, l'alphalactalbumine sont thermolabiles et disparaissent si le lait est bouilli ; en revanche la bêta-lactoglobuline (qui est l'allergène majeur) et la caséine sont thermostables.

L'allergie se manifeste habituellement au cours du sevrage par des signes d'anaphylaxie : choc aigu ou sur-aigu, ou par des manifestations moins brutales : vomissements, rougeur brutale, pleurs inexpliqués, diarrhée.

Les relations entre la dermatite atopique du nourrisson et l'allergie au lait de vache sont toujours controversées.

Le diagnostic est réalisé par les tests cutanés allergologiques. Le dosage des IgE spécifique se fera, si nécessaire, un mois après l'accident aigu.

Le traitement se résume à remplacer le lait de vache par des produits hydrolysés tels que : Nutramigen, Alfaré, PeptiJunior, Pregestimyl, Galliagène TCM.

Le lait de vache est utilisé pour la fabrication du beurre, du fromage (de vache), des yaourts, des glaces... Les enfants allergiques au lait devront éliminer de leur régime tous ces aliments.

Il est communément admis que cette allergie est transitoire. La guérison définitive est acquise à 1 an dans 90% des cas. Ultérieurement peut survenir un eczéma (20% des cas), un asthme ou une rhinite allergique (40% des cas).

L'œuf

L'œuf est également responsable d'allergies souvent brutales. C'est surtout le blanc d'œuf qui est allergisant car il contient des protéines (5 au total) contrairement au jaune qui contient surtout des graisses. Les 2 allergènes majeurs sont l'ovalbumine qui est dénaturée par la chaleur, et l'ovomucoïde qui est thermostable.

Certains vaccins sont préparés sur œuf et peuvent contenir des protéines de l'œuf : c'est le cas du R.O.R, du vaccin de la grippe, de la fièvre jaune. Mais il existe des protocoles permettant de vacciner pratiquement tous les enfants allergiques à l'œuf.

Comme pour le lait, les manifestations surviennent dans les minutes qui suivent l'ingestion de l'œuf. Elles sont souvent sévères.

Les relations entre la dermatite atopique du nourrisson et l'allergie à l'œuf sont également très controversées.

Le diagnostic est réalisé par les tests cutanés allergologiques. Dans les cas douteux et en l'absence d'antécédent d'anaphylaxie, le diagnostic peut être réalisé par un test de provocation oral en milieu hospitalier.

L'allergie à l'œuf guérit spontanément dans 50 % des cas.

L'arachide

L'arachide (cacahuète) est certainement devenue l'allergène alimentaire le plus préoccupant. Préoccupant car après être apparue brusquement aux Etats Unis, l'allergie à l'arachide a gagné l'Europe où l'augmentation du nombre d'enfants allergiques est très rapide. Préoccupante également par la dangerosité de cette allergie et enfin parce que l'arachide est masquée dans un grand nombre de préparations alimentaires. C'est pourquoi il est difficile de donner une liste d'aliments autorisés ou interdits, d'autant que la composition des préparations alimentaires peut être modifiée à tout moment. Toutefois, à titre d'exemple, on peut préciser que dans le passé, on a trouvé de l'arachide dans certaines vitamines pour nouveaux-nés, dans du lait pour nouveaux-nés, dans des petits pots, dans de la viande hachée de supermarché, des bouillies pour bébé, des pâtisseries, sauces ...

Le diagnostic est réalisé par les tests cutanés allergologiques. Dans les cas douteux et en l'absence d'antécédent d'anaphylaxie, le diagnostic peut être réalisé par un test de provocation oral en milieu hospitalier.

L'évolution de l'allergie à l'arachide n'est pas encore très bien connue (nous manquons de recul en raison du caractère récent de cette allergie). Bien que quelques cas de guérison apparaissent, la tendance est à la persistance de l'allergie.

Une allergie croisée est possible avec les amandes, les petits pois, les haricots, le soja, les lentilles.

Les poissons et crustacés

Les allergènes du poisson varient d'une espèce à l'autre, toutefois l'allergène majeur de la morue (l'allergène M) présente des analogies avec des protéines de poissons d'autres espèces. La majorité des enfants allergiques au poisson ne tolèrent aucune espèce. Les réactions ne concernant qu'une seule espèce de poissons sont très rares.

Les protéines sont présentes dans les parties volatiles du poisson (odeurs, ou vapeurs). Ceci explique pourquoi les enfants allergiques au poisson le sont également aux odeurs de poisson.

Il existe deux allergènes chez la crevette. Le premier est dégradé par la cuisson, le deuxième ne l'est pas. Des allergies croisées existent pour le crabe, le homard, les écrevisses mais pas pour la langouste.

Fruits et légumes

Des allergies aux fruits les plus divers sont possibles. On notera cependant l'évolution importante de l'allergie au Kiwi, parallèle à l'augmentation de sa consommation en France.

Des réactions croisées entre une allergie à la pomme et au pollen semblent fréquentes.

L'allergie au céleri peut être sévère.

Une allergie démontrée pour la banane, l'avocat, la châtaigne doit faire rechercher une allergie croisée au latex.

Des allergies à la farine de blé, de seigle ou d'avoine sont possibles.

Epices et condiments

On se méfiera particulièrement de la moutarde et du sésame...

 

Les autres allergies

L'allergie au latex

L'allergie au latex est de plus en plus fréquente chez l'enfant. On sera alerté par le gonflement des main, une urticaire au contact d'objets en caoutchouc (ballon, bouée, masque de plongée….)

Les réactions peuvent être beaucoup plus sévères, de type anaphylaxie.

Un enfant allergique au latex devra être identifié en permanence au moyen d'une médaille par exemple. En effet en cas d'intervention chirurgicale urgente (à la suite d'un accident par exemple) les infirmières et chirurgien devront prendre des précautions multiples et surtout utiliser des gants chirurgicaux sans latex.

L'allergie aux antibiotiques

La moindre éruption de boutons au cours d'un traitement antibiotique est considérée (par précaution) comme liée à une allergie à l'antibiotique. Il est vrai que l'allergie aux antibiotiques se manifeste volontiers par une urticaire aiguë, un œdème de Quincke voire par un choc anaphylactique. Cependant les tests allergologiques réalisés avec la forme native du médicament (forme intra-veineuse diluée avec du sérum physiologique à l'aide de prick test puis injections intra-dermiques) mettent souvent l'antibiotique hors de cause.

l'allergie aux piqûres d'hyménoptères

Il faut bien insister sur le fait que les réactions graves aux piqûres d'abeilles, de guêpes sont le fait d'une allergie. Il n'y aura pas de réactions dangereuses chez un enfant qui n'est pas allergique aux venins d'hyménoptères.

L'allergie aux venins d'hyménoptères se rencontre surtout chez les apiculteurs et leur famille.

Les accidents allergiques suite à une piqûre d'hyménoptère peuvent d'une gravité extrême.

La désensibilisation est extrêmement efficace. Une guérison est obtenue dans près de 100% des cas.

 

L'enfant allergique à l'école

Le cadre réglementaire, depuis déjà longtemps favorable à l'accueil des enfants allergiques à l'école, a évolué dans le sens d'une incitation plus nette. La circulaire du 10 novembre 1999 rappelle, précise et complète le sens de cette démarche ainsi que les aménagements à prévoir pour accueillir des enfants allergiques.

Les enfants ayant des réactions anaphylactiques doivent être identifiés dans la partie médicale de leur dossier scolaire. Les enfants qui ont eu une anaphylaxie devraient porter un bracelet d'alerte médicale indiquant les allergènes auxquels ils sont sensibles. Ces enfants devraient avoir avec eux un plan d'action en cas de choc rédigé par leur médecin et devraient être autorisés à apporter leurs médicaments à l'école.

Le régime des enfants souffrant d'allergies alimentaires pouvant donner lieu à de l'anaphylaxie doit être strict. Ces enfants ne doivent pas partager le goûter ou le repas d'autres enfants. Les infirmières scolaires, les professeurs et le personnel de cantine doivent être informés de l'allergie et des risques de réaction sévère. Il faut également que les enfants soient informés des ingrédients des repas qui leur sont servis.

Compte tenu de la fréquence croissante des allergies alimentaires sévères chez l'enfant, toutes les écoles devraient être équipées de flacons d'adrénaline.

Les enfants allergiques aux insectes ne devraient pas porter de vêtements brillants, de parfums et ne devraient pas être autorisés à marcher pieds nus. Les poubelles, qui peuvent attirer les insectes, doivent être fermées. Les aires de jeu où ont été repérés des insectes piquants doivent être fermées jusqu'à ce qu'ils aient été éradiqués. De manière générale, il faut éviter les insectes, surtout au début de l'automne, époque où ils deviennent plus agressifs et sont plus susceptibles de piquer.

Si un enfant développe des symptômes d'anaphylaxie après une piqûre d'insecte, et que l'aiguillon est toujours incrusté dans la peau de l'enfant, il doit être extrait en grattant doucement la peau (ne pas pincer la peau).

 

 

 

 

Les désensibilisations spécifiques

Ce traitement est utilisé pour diminuer les symptômes liés à une rhinite et/ou à un asthme allergique.

But du traitement

Le but du traitement est de diminuer la fréquence et l'intensité des réactions allergiques et inflammatoires qui sont favorisées par le contact avec le ou les allergènes auxquels votre enfant est sensible. Le but n'est pas d'arrêter les médicaments mais il est d'en diminuer les besoins. La désensibilisation doit s'accompagner d'un aménagement de l'environnement où vit l'enfant.

Ce traitement consiste en l'injection sous-cutanée d'acariens, ou d'extraits de pollens, ou de spores de moisissures, ou de squames animales, auxquels il est sensibilisé. Il s'agit donc d'un traitement au long cours.

Description

Ce traitement consiste à injecter progressivement par voie sous cutanée des doses croissantes d'un ou plus rarement de plusieurs extraits des substances auxquelles l'enfant est allergique et qui sont responsables de ses réactions cliniques.

En général, les injections sont réalisées au départ une fois par semaine puis tous les 15 jours pour arriver en 3 ou 4 mois environ, aux doses optimales d'entretien. Une fois les doses optimales atteintes, les injections de rappels sont généralement administrées avec un intervalle croissant qui peut atteindre trois mois.

En ce qui concerne les allergies respiratoires, l'amélioration par la désensibilisation spécifique survient en général après quelques mois de traitement aux doses maximales d'entretien. Cette désensibilisation sera poursuivie au moins 3 ans. Pour un certain nombre de patients cependant, il peut ne pas y avoir d'amélioration et dans ce cas la désensibilisation doit être stoppée après environ une à deux années d'essai.

Risques possibles

Les réactions locales comme un gonflement, une douleur ou des démangeaisons au site d'injection apparaissent parfois dans les heures qui suivent l'injection. Ces réactions locales, en général, diminuent en moins de 24 heures.

Des réactions générales peuvent apparaître chez un petit pourcentage de patients. Ces réactions apparaissent surtout au cours de l'augmentation des doses d'extraits injectés et surtout lors des changements de flacon, nécessitant un ajustement du dosage. Il s'agit en général de réactions de type crise de rhinite, mais parfois de toux, de sifflements, plus rarement de crises d'asthme. Il peut apparaître des crises d'urticaire ou d'œdème de Quincke et dans des cas extrêmement rares, des réactions sous forme de bronchospasmes ou à l'extrême de choc anaphylactique. Ces réactions sont alors sérieuses pouvant mettre en jeu le pronostic vital dans de très rares cas.

Les précautions à prendre

Avant toute injection de désensibilisation, il faudra bien informer le personnel médical ou para-médical des différents évènements médicaux qui auraient pu apparaître entre la dernière injection et celle qui va être réalisée.

Outre les différents événements médicaux qui auraient pu survenir suite à l'injection précédente de désensibilisation, il faut savoir que les injections chez la personne asthmatique ne peuvent être réalisées que si l'asthme est stable. Pour cela, le service dans lequel sera faite l'injection de désensibilisation prendra le soin de vérifier avant toute injection que les bronches du patient ne sont pas obstruées de façon trop importante, ce qui contre indiquerait alors l'injection (vérification du débit expiratoire de pointe).

Il faut également vérifier que l'enfant ne prend aucun médicament béta-bloquant (souvent utilisé en collyre pour les glaucomes, ou par voie générale dans certaines pathologies cardiaques ou pour l'hypertension).

Il est absolument nécessaire qu'après l'injection, vous attendiez au moins 3O minutes avant de quitter les lieux où est faite l'injection afin qu'en cas de réaction sévère liée à l'injection de désensibilisation, le médecin puisse effectuer tous les soins nécessaires. En cas de simple réaction locale suite à l'injection de désensibilisation, la prise d'un anti-histaminique est possible mais devra de toute façon être signalée lors de la prochaine injection. En cas de réaction générale qui surviendrait après que vous ayez quitté le centre où a été effectuée l'injection, il importe de retourner immédiatement à celui-ci ou d'aller au centre d'urgence le plus proche ou de contacter le SAMU (15) (ou 112 sur un portable).

Conseils pour les familles atopiques dont les nouveaux-nés ou les nourrissons risquent de développer des allergies

Définition d'un enfant à risque atopique

Parents ou fratrie présentant des allergies respiratoires ou alimentaires ou de l'asthme

Enfant présentant une deratite atopique s'il appartient à une famille ci-dessus décrite

Enfant présentatn une dermatite atopique sévère : un bilan allergologique est nécessaire

Mesures environnementales (au domicile et chez la nourrice)

Aucun tabagisme pendant la grossesse et après la naissance de l'enfant

Mesures anti-acariens minimales (température < 19°C, aéeation quotidienne, sol et literie lavables

Pas de chat, animaux ne pénétrant pas dans la chambre de l'enfant

Diversification alimentaire

Elle doit être très progressive. Les aliments sont introduits un par un.

           Avant 6 mois

Allaitement maternel (la mère ne consommant ni oeuf ni arachide) ou lait hypoallergénique (HA) exclusifs. Les hydrolysats de protéines ne sont donnés que si l'allergie aux protéines de lait de vache a été confirmée.

 

           6 à 8 mois

Introduction des légumes (sauf les légumineuses, c'est à dire, petits pois, lentilles, fèves, pois chiche et sauf les choux)

Introduction des fruits (sauf kiwi, fruits exotiques et banane)

Introduction du riz

Introduction des laitages (yaourts et petits suisses), lait deuxième âge sans vaniline

 

           8 à 12 mois

Introduction de toutes les viandes très cuites,

Introduction du pain, des pâtes (blé), des pommes de terre, des céréales sans gluten et sans arôme

Introduction du fromage et notamment du gruyère

Introduction des matières grasses, et notamment du beurre, pas d'huile d'arachide (préférer avant olive, tournesol, maïs)

Jusqu'à 1 an boisson = eau

 

           à 1 an

Introduction du poisson et de l'oeuf

Introduction des choux, des légumineuses sauf arachide

Lait UHT demi écrémé ou lait de croissance

Avant 3 à 5 ans pas de biscuits apéritifs ou de sucreries, contenant très souvent de l'arachide

 

           Entre 3 et 5 ans

Introduction de l'arachide, noix, noisette, pistache, amande. Se méfier avant 5 ans du risque d'inhalation